Le grand beau n'est pas au rendez-vous, il neige toujours mais peu.
Nous partons à 7h40, nous dirigeant vers le col de la Fache, au pied des Grande et Petite Fache.
Le brouillard, très dense parfois, nous trompe et nous sommes rapidement engagés dans des pentes assez raides très à gauche de l'itinéraire. Jean, notre guide, nous dirige habilement au milieu des barres rocheuses et nous rejoignons l'itinéraire prévu.
Les nuages en profitent pour s'évanouir peu à peu découvrant un paysage de rêve pour un randonneur à ski
Nous passons le premier col pour plonger vers l'Espagne, la neige est en accord avec le paysage, de rêve.
Arrivés en bas nous rechaussons les peaux pour monter au col d'Aucun, ascension courte qui ne nous prend guère de temps. Une restauration rapide et nous voilà à nouveau sur les skis pour descendre au pied du dernier col.
Nous contournons une barre rocheuse qui peu à peu dévoile le dernier obstacle qui nous sépare du col de Cambales.
La pente est forte chargée de neige fraîche (peut-être trente centimètres). Une grosse coulée (150 m de haut, sur 150m de large), nous incite à monter à gauche du couloir (le couloir est purgé, c'est du moins ce que nous croyons).
Après 150 m de montée moitié à ski, moitié à pieds (le couloir devient raide et atteint maintenant environ 40 à 45 degrés), nous voyons la fin de notre effort, plus que 50 ou 60 mètres. Une petite coulée nous effleure à gauche, mais ce n'est pas ça qui va nous arrêter ! Et puis un autre bruit :
Whoof.... c'est la nuit blanche, je me sens irrésistiblement emporté, le temps passe au ralenti.
La tempête blanche se calme, j'étouffe, j'entends « ...on est là tous les quatre... ! »
Jérémie me dégage la bouche pour que je puisse reprendre mon souffle, Jean se penche sur moi, il semble avoir une vilaine blessure à la tête. Je suis littéralement extrait de ma gangue de neige par mes deux compagnons.
Guillaume est resté en haut sur place médusé par notre chute, il nous dira plus tard avoir évité la coulée en se déplaçant sur la gauche, il avait l'expérience en ayant fait de même avec la première coulée.
La décision de descendre vers la vallée est facile à prendre, mais le parcours pour la rejoindre sera chargé d'embûche, de fatigue et encore d'émotions.
Nous mettrons six heures pour rejoindre la sécurité de la vallée. 12 heures de marche au total, quelques bobos et beaucoup de frayeurs rétrospectives. La montagne nous tient toujours !







